Newsletter CREDE - No 5 (14 juillet 2009)


Vacances du CREDE

Le CREDE sera fermé dès le vendredi 17 juillet à 12h, jusqu'au lundi 17 août à 11h.

Attention !! Nouveaux horaires dès la rentrée d'août :

Lundi : 11h - 18h
Mardi : 11h - 18h
Mercredi : 9h - 14h
Jeudi : 11h - 18h
Vendredi : 9h - 14h

Toute l'équipe du CREDE vous souhaite de belles vacances d'été !!

 


Sélection du jour

Un article est paru dans la revue "Spirale" de ce mois, sur la fonction de miroir selon Winnicott, transposée dans le milieu "Lóczy". Nous vous proposons d'en découvrir un large extrait :

 

Miroir piklérien

A l'institut Emmi Pikler (Lóczy), dans tous les instants de la vie quotidienne, l'attitude de la nurse et ses paroles sont porteuses de la représentation "piklérienne" d'un bébé acteur, actif et serein, pouvant exercer sa compétence et son autonomie, ayant le sentiment qu'il peut être aimé.
C'est avec cette vision de l'enfant, centrée sur la force de son développement, que Pikler accompagne le bébé dans son évolution.
Dans une famille "ordinairement bonne", on peut dire que les moments de soin ou de jeu sont autant d'occasions d'échange entre une mère et son bébé. A travers ses paroles, la mère exprime son attention, ses recherches d'ajustements à son bébé, elle donne sens à ses gazouillis et à ses mouvements spontanés, mais elle anticipe aussi les perspectives de son développement et projette les attentes plus ou moins conscientes qu'elle nourrit à son égard. Ses paroles sont teintées de sa subjectivité, de ses fantasmes, craintes et espoirs.
Winnicott accorde une grande importance à ce phénomène, lorsqu'il dit que les paroles parentales ont une fonction de miroir renvoyant à l'enfant une image à laquelle il va s'identifier, qui donne un élan à son développement.

Regardons maintenant de plus près quel miroir la nurse, à Lóczy, tient en face du bébé qu'elle soigne :

Márti, la nurse, vient chercher Joco, petit garçon blond de 4 mois et demi, dans son lit.
Joco est réveillé, il joue paisiblement avec son petit tissu. A la vue de Márti, il s'arrête et son visage s'illumine. Quand Márti se penche sur lui pour enlever sa couverture, il commence à gigoter, un grand sourire apparaît sur son visage, et il s'adresse à elle : "Heu, heu, heu, hi". Márti, d'un ton ludique, lui répond : "Mais où allons-nous d'après toi, hein ? Prendre ton bain !", et visiblement elle est aussi très contente.
"Peux-tu poser ton petit tissu s'il te plaît, on n'en a plus besoin maintenant", demande-t-elle en s'approchant plus près de lui. Elle attend que le bébé, tout en gesticulant joyeusement, ouvre par hasard les doigts pour, seulement à ce moment-là, lui retirer doucement le tissu de la main et le poser à côté de lui. Elle soulève délicatement Joco dans ses bras qui jette un coup d'oeil sur le tissu. Márti le rassure alors : "Je l'ai mis de côté, quand je te ramènerai après le bain, tu vas le retrouver. " [...]
Un peu plus tard, quand Márti veut enlever son bras de la manche, Joco agrippe le vêtement dans un mouvement réflexe. Márti commente : "Oh, tu l'as agrippé, et ça ne vient pas." Joco avec un regard interrogatif continue à tenir la manche. Cette fois, Márti lui dit en riant : "Tu me taquines, ah d'accord ! Quel taquin tu es !
"

Quand Márti commente les actions de Joco, que ce soit ses expressions spontanées ou ses réactions, Joco peut se reconnaître dans le miroir de ses mots. L'image de Joco qui vit dans Márti, qu'elle lui transmet, est une image "réaliste", fidèle, aidant ainsi l'enfant à une prise de conscience de lui-même et de son environnement, et lui donnant les informations nécessaires pour qu'il puisse s'orienter ("Après le bain, tu vas retrouver le petit tissu").

Certes, dans ces mots, il n'y a pas de passion maternelle, ni de projections lointaines, mais ce n'est pas pour autant sans subjectivité. Márti exprime avec sa voix, avec ses gestes tendres et attentifs, par ses réponses et propositions, que chaque moment passé avec Joco la réjouit, et qu'elle attend ce qui vient de lui (par exemple elle utilise son geste "par hasard" d'ouvrir les doigts pour prendre le tissu). Cette attente est une façon d'accueillir et de respecter l'expression de lui-même. De ce miroir empreint de plaisir partagé avec l'adulte, Joco peut éprouver qu'il est gratifiant pour l'adulte, qu'il est capable de susciter l'intérêt et l'attention soutenue de l'adulte. La réelle disponibilité et le plaisir de l'adulte reflètent qu'il est "aimable". Il peut sentir qu'il est digne d'amour et construire alors les bases de son narcissisme (les rires, les échanges tendres et joyeux, le temps d'attente). [...]

Mais surtout, [la nurse] le situe dans son futur à lui et non dans ce qu'elle aimerait qu'il devienne, ou plutôt elle est portée par sa représentation d'un futur bébé "piklérien" : quand elle attend le geste fortuit de l'ouverture des doigts pour saisir le tissu, c'est parce qu'elle anticipe, qu'elle sait qu'il sera bientôt capable de le laisser tout seul, donc de coopérer avec l'adulte. Et lorsqu'elle dit : "Tu me taquines !", Joco, à 4 mois, n'est pas en train de la taquiner en ne lâchant pas sa manche, mais elle l'imagine déjà un peu plus grand lorsqu'il jouera dans le soin à ne pas répondre à la demande de l'adulte, à la fois pour exprimer son pouvoir, sa volonté ; et aussi peut-être pour prolonger un peu le soin, retarder le moment de sa fin et donc exercer sa capacité à influencer le déroulement habituel de ce moment. La nurse l'anticipe comme un véritable partenaire qui prend une part active dans le soin, capable d'initiative et même d'humour !

C'est donc les petites avancées d'une évolution connue des bébés que l'on retrouve dans les paroles de la nurse. Et c'est dans une identification et une intégration profonde de la représentation du bébé Pikler que la nurse tient son miroir. Ses paroles renvoient une image qui aide l'enfant à se construire et donne, dans cette façon un peu différente de celle d'une mère, un nouvel élan à sa propose activité de développement.

Le bébé-imaginaire-Pikler des soignants et la prise en compte du bébé réel dans sa singularité vont, à travers les attitudes des adultes, refléter pour l'enfant une image positive, narcissique et en même temps réaliste de lui-même. Cette image, n'étant pas en grand décalage avec ce qu'il est, peut l'aider à vivre en paix avec lui-même et plus tard avec le monde.

Eva Kállo, Julianna Vámos

 

Source : Les écrits de Lóczy. In : Spirale, no 49 (2009), p. 224-226


Entendu à la radio

"Des enfants entre eux : Des jeux, des règles, des secrets" : Interview de Julie Delalande, invitée de la Smala (RSR, 13 juin 2009, 54'14'')

  • L'émission n'est plus disponible...

Le livre de Julie Delalande est disponible au CREDE.


Proposition d'achats

chien bleu

Le CREDE propose plus de 1200 albums pour les enfants, principalement pour les bébés et les enfants en âge préscolaire. Afin de pouvoir offrir des albums de qualité également aux éducateurs-trices travaillant en milieu parascolaire, un fonds destiné aux écoliers va être peu à peu constitué.

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Bonnes vacances et rendez-vous en septembre pour la prochaine newsletter !


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