
"En finissant un bon livre, il semble qu'on quitte un ami."
Votaire
Formation continue en 2010
Les jumeaux : Apports théoriques sur les particularités de la psychologie des jumeaux, sur le rôle des proches dans l'accompagnement du développement de leur identité à la fois gémellaire et individuelle
Intervenante : Martine Vallat
Samedi 13 mars 2010 de 9h à 12h30 OU* Jeudi 15 avril 2010 de 8h30 à 12h
* La date du 13 mars est réservée dans un premier temps aux professionnels travaillant en structure de type "Jardins d'enfants et halte-jeux"
Le kamishibaï, support de contes
Intervenantes : Corinne Rochat et Alix Noble
Mardi 16 mars 2010 de 9h à 16h
Eveil au récit, éveil à l'écrit, la culture des tout-petits
Intervenante : Nathalie Athlan
Cours de base (2 jours)
Jeudi 29 et vendredi 30 avril 2010 de 9h à 17h
Cours d'approfondissement (3 jours)
Lundi 31 mai, mardi 1er juin et jeudi 24 juin 2010 de 9h à 17h
La musique, moyen de relation et de créativité avec le jeune enfant
Intervenante : Martine Wagen Jaussy
Jeudi 9, vendredi 10 et samedi 11 septembre 2010 de 9h à 17h
Accompagnement d'un groupe de jeunes enfants en bibliothèque /
Accueil d'un groupe de jeunes enfants en bibliothèque
Intervenante : Nathalie Athlan
Jeudi 7 et vendredi 8 octobre 2010 de 9h à 17h
Informations : 021 601 74 54 ou par email.
Inscription par bulletin d'inscription à télécharger (112 Ko), à renvoyer complété et signé.
Enquête sur le site web du CREDE
Le CREDE propose trois sources d'informations en ligne :
Au cours de l'année 2010, ces trois sources vont être regroupées en un seul service. Afin que celui-ci réponde à vos besoins, nous vous proposons de répondre à un questionnaire, en cliquant sur le lien ci-dessous. Ce questionnaire est anonyme et dure au maximum 3 minutes. Merci d'y répondre avant le vendredi 22 janvier !
Nous vous remercions pour votre collaboration !
Nouvel horaire pour 2010
Le CREDE sera ouvert le samedi 6 février de 9h à 12h !
ainsi que les samedis matins suivants :
- 6 mars
- 1er mai
- 5 juin
- 3 juillet
- 4 septembre
- 2 octobre
- 6 novembre
- 4 décembre
Sélection du jour
Nous vous proposons de découvrir un extrait de l'article paru dans la revue "Métiers de la petite enfance ", un entretien avec Bernard Golse, professeur de psychiatrie de l'enfant à l'hôpital Necker-Enfants malades (Paris). Il donnera une conférence les 3 et 4 février prochains lors de la Journée d'étude genevoise de la petite enfance, à la FOCPE (Formation continue petite enfance, Genève).
Ne pas reconnaître les professionnels équivaut à ne pas reconnaître les enfants
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MPE : Les débats concernant la petite enfance occupent une place de plus en plus importante.
BG : Sans doute, mais ils se déroulent sur un arrière-fond fait d'une profonde ambivalence des adultes vis-à-vis de la petite enfance. D'un côté, cette période est idéalisée comme celle de tous les possibles. (...) D'un autre côté, on ne fait pas confiance aux enfants tels qu'ils sont, à leurs ressources propres. (...)
Nous sommes en train de perdre un acquis lentement élaboré depuis presque un siècle : la confiance dans les ressources du bébé. C'est malheureusement un phénomène qui n'est ni conjoncturel, ni propre à la France, et il existe, me semble-t-il, dans tous les pays occidentaux. |
MPE : Ne serait-ce pas parce que nous avons plus de mal à supporter ce que vous avez désigné comme "la part étrange" qu'il y a en chacun de nous ?
BG : Absolument. D'abord parce que l'enfant est toujours un étranger, au bon sens du terme : il dérange l'ordre pré-existant
de la famille dans laquelle il arrive et il oblige celle-ci à un réarrangement. (...)
Mais c'est aussi un étranger parce que l'on projette sur lui une partie de nous-mêmes qui comporte des attentes, des espoirs, des idéaux, et des choses douloureuses et angoissantes dont nous n'avons pas forcément conscience. (...) Nous projetons sur lui notre "étranger à nous-même". Cela participe, bien entendu, de l'ambivalence dont nous parlions.
MPE : Parler d'étranger implique de parler de l'accueil, qui est un mot très important pour les professionnels de la petite enfance.
BG : Oui ! Mais je suis plutôt pessimiste à cause du décalage qui s'observe entre l'idéalisation de l'enfant et le mauvais accueil qui lui est souvent fait. (...) Cela va de pair avec une menace de déqualification progressive des métiers de la petite enfance, alors qu'il a fallu presque un siècle pour comprendre que s'occuper des enfants des autres n'a rien à voir avec le fait de s'occuper des siens.
(...) Si l'on s'oriente vers une formation insuffisante des professionnels qui prennent soin des enfants, avec en arrière-plan l'idée qu'ils n'ont pas besoin de qualification particulière, on va passer à côté des besoins fondamentaux des enfants et faire renaître [un] risque de carence [affective, émotionnelle et cognitive].
MPE : Il se crée pourtant un lien particulier entre eux et les enfants. Peut-on le qualifier d'amour ?
BG : Nous n'avons pas de bon mot pour désigner la nature intime du lien qui se tisse entre les professionnels et les petits enfants. (...) Ce que le professionnel investit, ce n'est pas l'enfant lui-même, mais la qualité de son travail avec l'enfant. (...) Un professionnel qui s'attache à un enfant plus qu'au travail avec cet enfant vise d'abord le pouvoir et non pas le respect du développement de cet enfant.
MPE : Faut-il laisser les enfants "pousser" ?
BG : Un des besoins fondamentaux d'un enfant, c'est d'éprouver la satisfaction de faire des choses par lui-même, ce qui ne veut pas dire seul, mais sous le regard d'un adulte qui témoigne de sa réussite. (...)
MPE : Vous disiez que nous perdions la confiance dans les ressources des bébés.
BG : Il est de plus en plus difficile de respecter la maturation des enfants parce que nous sommes soumis à une triple culture de l'expertise, de la rapidité et du résultat. Or, chaque enfant a son propre style de développement et ses parents sont, à l'évidence, les personnes qui le connaissent le mieux. (...)
L'aide à la parentalité, c'est d'abord de réassurer les parents, de restaurer la confiance qu'ils doivent avoir en eux-mêmes, de les requalifier dans leur sentiment de compétence. (...)
La culture de la rapidité, nous en avons un peu parlé avec les forcings éducatifs. Tous les professionnels pensent que jusque vers 2,5 - 3 ans, dans la période dite de socialisation primaire, l'enfant à certes besoin d'être en groupe, mais en petit groupe, entourés de professionnels formés. C'est le travail des éducatrices de jeunes enfants, qui sont très bien formées aujourd'hui, et qui devraient pouvoir exercer dans les lieux d'accueil en nombre suffisant. (...)
Si nous avions une politique de la petite enfance, les lieux d'accueil seraient gratuits et en nombre suffisant pour les enfants jusqu'à 2,5 - 3 ans. Je pense que notre pays n'a pas fait ce choix parce qu'il n'admet toujours pas vraiment que les mères puissent travailler, et parce que les politiques sont surtout des hommes !
MPE : Vous avez cité une culture du résultat.
BG : L'obtention du résultat est devenue plus importante que le processus par lequel le résultat est obtenu. (...) Ce qui est vraiment intéressant, c'est comment l'enfant s'y prend, comment il pense, et par où il passe. Dans la culture du résultat, tout le monde s'en moque, hélas !
Source : Métiers de la petite enfance, no 156 (2009), p. 8-9
Nouveauté sur notre blog
Le mot de la revue "Métiers de la petite enfance" du mois : Cadeau (accès au blog)
Retrouvez chaque mois une définition et une réflexion autour d'un mot, qui prend tout son sens et son importance au travers de l'analyse des pratiques professionnelles, par Christine Schuhl.